Lors de notre dernier Café Sciences du 19 juin, organisé avec notre partenaire l’Institut français NL, Cédric DEVERCHERE nous a présenté l’architecture et les enjeux de la transition énergétique dans le bâti aux Pays-Bas dans la pratique, depuis l’isolation des bâtiments jusqu’au développement de réseaux de chaleurs. Il s’agit d’un chantier colossal prévu pour s’étendre jusqu’en 2050. Aujourd’hui la quasi-totalité du bâti construit avant 2020 est chauffé au gaz. En 2050, cette proportion doit être réduite à zéro!
Il s’agit donc non seulement de réduire la consommation par l’isolation des bâtiments, de changer les installations techniques pour une production de chaleur plus performante, mais également de trouver de nouvelles sources de chaleur, depuis la pompe à chaleur individuelle jusqu’au réseau de chaleur alimenté par la géothermie et connecté à des dizaines de milliers de logements. La complexité est surtout due à la divergence des acteurs, calendriers, intérêts et financements, ou encore aux pénuries de main d’œuvre et de matériel, plutôt qu’au problème technique lui-même, même si la congestion du réseau électrique est un gigantesque enjeu aux Pays-Bas.
L’originalité de l’approche néerlandaise réside dans sa planification territoriale: chaque région, chaque municipalité et chaque quartier ou village doit établir son propre plan de transition, le tout avec une participation citoyenne obligatoire (dans le cadre de la « participatiemaatschappij »), mais bien souvent inefficace pour accélérer le mouvement et atteindre les objectifs fixés. Cédric conclut par une comparaison entre les contextes français et néerlandais (il a une solide expérience professionnelle sur les deux pays), pour constater que, si nous travaillons tous dans le cadre d’objectifs, d’outils et de directives européennes similaires, la mise en œuvre diffère du tout au tout ! La France a par exemple une méthode beaucoup plus horizontale, centrée sur l’amélioration du bâti au niveau individuel (ou collectif au sein d’une copropriété, mais pas d’un quartier ou d’une ville), avec une attention pour l’organisation de l’offre côté entreprises. Alors que les Pays-Bas privilégient, eux, une approche plus verticale, avec le citoyen-habitant au centre de l’échiquier (voir photo ci-dessous).
La Fondation FrancoSciences remercie chaleureusement Cédric pour sa présentation passionnée mais aussi passionnante, tant ces sujets d’actualité nous concernent tous comme citoyens mais aussi comme consommateurs!

